 |
La Loi Malraux |
|
Les propriétaires d'immeubles bâtis situés dans
certaines zones protégées qui effectuent des travaux en
vue de la restauration complète de ces immeubles sont autorisés
à déduire certaines dépenses spécifiques.
L'immeuble
L'immeuble
doit être affecté à l'habitation
L'opération
doit avoir lieu dans un secteur sauvegardé, tel que défini
aux articles L 313-1 à L313-3 du code de l'urbanisme, le plan de
sauvegarde de la zone devant avoir été rendu public.
Bien
que devant opérer la restauration complète de l'immeuble,
les travaux peuvent ne porter que sur les parties de l'immeuble qui nécessitent
une intervention.
Les
travaux doivent avoir fait l'objet d'une autorisation spéciale
délivrée par le préfet, celle-ci doit intervenir
avant le démarrage des travaux.
La location
Le propriétaire doit prendre l'engagement de le louer nu à
usage de résidence principale du locataire pendant une période de 9 ans minimum (depuis le 1er
janvier 2009, 6 ans auparavant).
La location doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date
d'achèvement des travaux de restauration de l'immeuble.
Lorsque l'immeuble concerné par l'opération appartient
à une société non soumise à l'impôt
sur les sociétés, les associés doivent prendre l'engagement
de conserver leurs titres pendant six ans.
Charges déductibles
Parmi les dépenses exposées dans le cadre des opérations
de restauration immobilière " Loi Malraux ", ouvrent
droit à déduction du revenu foncier, en complément
des dépenses déductibles en application des règles
de droit commun, les postes suivants :
Les frais d'adhésion aux associations foncières urbaines
de restauration (AFU).
Les travaux de démolition imposés par l'autorité
qui délivre le permis de construire.
Les travaux de reconstruction de toiture ou de murs extérieurs
d'immeubles existants rendus nécessaires par les démolitions
imposées.
Les travaux de transformation en logement de tout ou partie d'un immeuble
d'habitation sous réserve que ces travaux soient réalisés
dans le volume bâti existant. Les travaux concernés doivent
être prévus par le plan de sauvegarde et de mise en valeur.
Les propriétaires, pour conserver le caractère déductible
des travaux doivent être à l'initiative de ceux-ci, néanmoins
rien ne s'oppose à ce que les copropriétaires confient par
mandat ces différentes tâches à un ou plusieurs maîtres
d'œuvre professionnels rémunérés en tant que
tel.
Le Dispositif Malraux prévoit une réduction d’impôt de 40 % des dépenses effectuées.
Jusqu’au 31 décembre 2015, la loi n°2009-323 du 25 mars 2009 étend cet avantage fiscal à la restauration
complète et déclarée d’utilité publique d’un immeuble bâti, situé dans un quartier ancien dégradé.
Des modifications ont été apportées à compter du 1er janvier 2009 et deux cas vont se présenter désormais
pour les investisseurs : les biens situés en secteur sauvegardé et les biens situés en ZPPAUP.
| |
Secteur sauvegardé |
ZPPAUP |
| Durée de location |
9 ans |
9 ans |
| % de dépenses déductibles |
100 % |
75 % |
| Plafond de dépenses éligibles |
140 000 € |
133 333 € |
| Limite de déduction |
140 000 € |
100 000 € |
| Délai de mise en location |
3 années fiscales |
3 années fiscales |
Déficit foncier
Sont imputables sur le revenu global, sans limitation
de montant, les déficits résultant de l'ensemble des charges
déductibles supportées par le propriétaire à
l'occasion de l'opération de restauration à l'exclusion
des intérêts d'emprunt.
Pour la prise en compte des charges, on notera que c'est l'année
de décaissement qui doit être retenue.
Exemple :
| Loyer |
6 000 €
|
| Intérêts d’emprunt |
7 800 €
|
| Frais de gestion |
550 €
|
| Impôt foncier |
600 €
|
| Abattement 14 % |
840 €
|
| Travaux |
100 000 €
|
| Résultat foncier |
- 103 790 €
|
Ce résultat sera imputable sur le revenu global à hauteur
de 101 990 €, les 1 800 € de déficit trouvant leur origine
dans les intérêts d'emprunt sont reportables sur les revenus
fonciers des 10 années suivantes.
Le propriétaire d’un bien réhabilité dans le cadre de la loi Malraux bénéficie d’une qualité patrimoniale
exceptionnelle : emplacement au centre ville de premier ordre, immeuble de qualité architecturale reconnue,
immobilier ancien entièrement remis à neuf et aux normes.
Une implantation à surveiller :
Veiller au site d'implantation car celui-ci sera garant des perspectives
de location du logement et de sa valorisation dans le temps.
Un prix de revient à surveiller :
L'impact fortement défiscalisant pousse certains opérateurs
à pratiquer des prix de vente excessifs, il convient donc de rester
vigilant au prix de revient de son logement travaux inclus qui doit être
cohérent au regard du marché immobilier local.
Un montage fiscal rigoureux :
Attention, les investisseurs doivent réellement être à
l'initiative des travaux, si l'on ne veut pas que l'opération soit
requalifiée en vente en l'état future de rénovation.
|